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Mise à jour du 19/04 : Au coeur du Blizzard
 
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 "Le fort commande, le faible obéit. Le fort tue, le faible meurt"P.B

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Jessica Kateya Nokomis
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MessageSujet: "Le fort commande, le faible obéit. Le fort tue, le faible meurt"P.B   Jeu 22 Déc - 19:52

J’avais quitté ma meute depuis plusieurs semaines déjà. Depuis j’errais à travers la région, sans réel but, sans destination précise, j’allais ou me portais mes pas. Voyageant tantôt sous forme humaine tantôt sous forme animal, je ne fais pas vraiment attention à ma destination. Je n’avais personne à rejoindre, pas d’amis à proprement parlé, tous m’avaient abandonnés par ma faute. Je n’avais plus de famille, j’avais réfuté mon frère et ma mère était comme morte. Je n’avais plus personne, je n’avais ma place nulle part et pourtant je ne pouvais me réfuter à mourir, je n’en avais pas le courage, ni la force, je préférais errer telle une âme en peine et qui sait, un jour peut-être les choses iront mieux. Je n’avais que 17 ans après tout et la vie s’ouvrait devant moi.

C’est sur cette pensée que j’ai remonté mon sac contenant quelques affaires, resserré ma veste avant de continuer ma route. Le paysage ne me disait absolument rien, mais ce n’était pas surprenant. A la dernière halte que j’avais faite, au Refuge de la Griffe Noire, il y a peu de temps, les gens m’avaient prévenus. Je ne trouverais pas d’autre village ni même habitation avant de nombreux jours, voire semaine si je n’étais pas chanceuse et que je me perdais. Mais je ne me perdrais pas, j’avais confiance en moi. Mon expédition était monotone, il n’y avait rien, pas un seul chant d’oiseau, pas un seul cliquetis d’insecte, les lapins n’étaient même pas au rendez-vous les fourbes. Je n’avais croisé qu’un voyageur mais nous ne nous sommes échangé qu’un regard, marchant l’un comme l’autre vers notre destin.

Après plus d’une demi-journée de marche je commençais fatiguer, je devais me trouver un endroit pour la nuit, où cependant je ne savais pas, il n’y avait pas d’endroit adéquat tout autour de moi et c’est résignée que j’ai poursuivi ma progression. Dormir en pleine forêt ne me tentais pas du tout et encore moins depuis que j’avais sentie l’odeur de plusieurs loup, il fallait que je trouve une clairière plutôt abritée de préférence mais il ne fallait pas que je rêve non plus, j’étais dans la réalité et non pas dans un rêve ou tout se déroulait comme dans mes souhaits. Après une bonne heure de marche, j’ai quitté le couvert des arbres, me retrouvant pleinement exposée aux grandes bourrasques de vent qui furent très bientôt suivies par une pluie torrentielle. Cette dernière eut pour seul avantage de me faciliter ma tâche, j’avançais plus vite à présent. Ma robe collait sur mes jambes, fouettant ses dernières lorsque le vent parvenait à les décoller de ma peau glacée, ma longue chevelure noire me cinglait le visage et je dû les nouer en une queue de cheval haute pour qu’ils cessent de me gêner dans ma progression.

Le temps passa et la nuit arrivait à grand pas, le climat n’avait toujours pas changé mais n’avait pas empiré non plus. Il était difficile de faire pire en fait. J’étais enfin arrivée dans un endroit acceptable pour passer la nuit, des arbres fruitiers y étaient présent en abondance et ils portaient encore des fruits, de quoi me sustenter et apaiser ma faim, de quoi même faire quelques réserves en vue de la suite de mon trajet. Cueillant quelques baies d’un arbre aux branches basses je me suis assis à son pied ensuite, protégée en partie du vent et de la pluie grâce à lui. Une fois mon repas frugal achevé, j’ai desserré mon corset pour mieux respirer pendant la nuit et je me suis rapidement endormie, en espérant que demain serait meilleur.
Les rayons du soleil tentaient en vain de me sortir de mon sommeil le lendemain mais ce dernier était bien trop profond. Je récupérais mes heures manquantes, me ressourçant pour être d’attaque pour reprendre la suite de mon périple.


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MessageSujet: Re: "Le fort commande, le faible obéit. Le fort tue, le faible meurt"P.B   Ven 23 Déc - 3:03

Le chef marchait tranquillement avec Mordrakan le long d'une petite lisière.
Sheiz aimaient beaucoup se promener en compagnie de son garde. Celui ci avait beau être une brute épaisse, c'est histoire était toujours trépidante et sa loyauté sans faille.
Voilà quelques minutes que les deux loups ne parlaient plus. Seul le bruit de leurs armures qui choquait à chaque pas empêchait le silence de s'installer.

- Tu sais mon ami .. Je me pose quelques question à propos de Shun.

Sheiz était inquiet par les absences répétés de son second, de sa relation avec la vampire.. Certain de ses hommes l'avaient vu en compagnie de Gilh'Or. Tout ça était beaucoup de la part d'un second.

- Il faudra vraiment le garder à l'oeil quelques temps.. Je doute de sa loyauté... Il risque à tout moment de me tourner le dos, voir de m'y planter un couteau ..

Les deux guerriers s'étaient stoppés pour discuter. Quand Sheiz eut fini, ils s'observèrent un instant et le chef tapa brutalement l'épaule de Mordrakan.

- Tu es un valeureux guerrier et ami fidèle. Je suis content de ta compagnie.

Puis une odeur le fit plisser les yeux. Son garde du corps l'avait senti, peut être même avant lui. La grosse épée de Mordrakan quitta son fourreau. Sheiz sortit son glaive lentement. Il y avait un autre loup dans les parages.. Peut être même une louve. Elle était proche.
Le deux Croc Noir avancérent rapidement entre les arbres.
Sheiz vit une lycane dormir contre un arbre. Elle était à la limite de ses terres.
Le chef fit un signe à son garde, les deux sortirent de leurs cachette et approchèrent la louve.

- Réveilles toi ! grogna Sheiz, le glaive levé.
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Mordrakan Sombracier
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MessageSujet: Re: "Le fort commande, le faible obéit. Le fort tue, le faible meurt"P.B   Ven 23 Déc - 21:48

Depuis que Denaro lui avait enfoncé son aiguille dans le genou, Mordrakan souffrait terriblement et constemment. Il ne passait pas un jour sans qu'il commence une journée en maudissant l'existence de ce jeune effronté qui avait osé lui faire un tel affront. Mordrakan tentait de marcher tant bien que mal aussi normalement possible et le prix était cher payé. Les dent serré, il tentait de se concentrer sur la conversation que Sheiz, son chef de meute, partageait avec lui. Quand, par contre, ils se taisèrent, Mordrakan ne pu empêcher de laisser échapper un petit grognement de souffrance. La blessure était encore jeune même pour une blessure normale. Il devrait donc moins en souffrir dans les jours à venir. Soudainement, Sheiz continua la conversation.

- Tu sais, mon ami... Je me pose quelques questions à propos de Shun.

Lui aussi s'en était souvent posé. Ce petit maigrichon n'avait pas l'étoffe d'être un second de meute mais son avis ne comptait pas et il le savait. Il se contenta donc de hocher la tête, montrant qu'il était d'accord avec Sheiz.

- Il faudra vraiment le garder à l'oeil quelques temps... Je doute de sa loyauté... Il risque à tout moment de me tourner le dos, voir de m'y planter un couteau...

- Avec votre permission, je m'occuperai de Shun. Dormez sans crainte, je le garderai bien en vue...

La voix du Chasseur se tut sur une note mesquine, voir maléfique. Il le surveillerait de près et à la moindre occasion, lui planterait Corruption dans le coeur.

- Tu es un valeureux guerrier et ami fidèle. Je suis content de ta compagnie.

L'odeur âcre d'un lycanthrope emplie soudainement les voies nasales de Mordrakan, Il inspira profondément pour en savoir un peu plus. C'était une femme, jeune de surcroit. Elle était sur le territoire croc-noir et il savait que Sheiz n'était généreux envers les jeunes étourdis foulant ses terres. Mordrakan ressenti l'euphorie de la chasse tout en dégainant sa large épée noire. Ils partèrent sans tarder à la poursuite de la victime, qui étonnement ne bougeait pas. Une adolescente était adossée à un arbre et ne s'était pas encore éveillée. Il la regarda de haut, impassible devant sa peur naissante.

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Jessica Kateya Nokomis
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MessageSujet: Re: "Le fort commande, le faible obéit. Le fort tue, le faible meurt"P.B   Ven 23 Déc - 23:20

Une voix. Un ordre me tira du sommeil, m’arrachant des bras du repos dont j’avais tant besoin. J’ai ouvert les yeux et instantanément je me suis crispée. C’était deux hommes que j’avais face à moi, deux hommes armés. Mon cœur s’emballa et je me suis redressée, m’appuyant contre l’arbre. Je n’arrivais pas à me lever, mes mains tremblaient tout comme mes jambes, j’essayais de les maitriser mais c’était dur. Mon regard allait de l’un à l’autre, des lycans et à en juger leur façon de m’accueillir ils voulaient me chasser dans le meilleur des cas. Mon regard ne quitta pas l’épée ni le glaive.

« Qui... Qui êtes vous? Vous savez, je ne suis pas dangereuse, vous n’êtes pas obligés de me menacer ainsi ? »

Ma voix était tremblante et peu assurée mais je ne pouvais pas faire mieux. Je ne pouvais pas faire mieux, j’avais peur, leurs allure me faisait peur, comme leurs regard et la façon avec laquelle ils me parlaient

« Je suis désolée j’ai dû me perdre, je ne voulais pas vous offenser, je vais partir si vous le désirez… »

Tentative de fuite dérisoire, comme s’ils allaient me laisser en paix, j’étais vraiment une pure imbécile. Je ne savais pas quoi faire pour me sortir de cette situation, si seulement j’avais été plus forte. Prenant une grande inspiration, je me suis relevée, me servant de l’arbre comme ami, avant de lever les mains, montrant mes paumes totalement désarmées. J’ai tenté un sourire timide, prouvant ma bonne foi. Ces terres qui me paraissaient accueillantes la veille me semblaient soudain bien hostiles.
Plus rien ne me semblait beau ni charmant. Les arbres avaient perdus leurs attraits, les fruits ne semblaient plus appétissants et je maudissais ma bêtise, j’aurais dû me douter que sentir autant d’odeurs de loup dans les parages était suspect. J’aurais dû me douter qu’un tel endroit était sous la protection d’une meute. J’aurais dû me souvenir que le Refuge de la Griffe-Noire se trouvait près des terres des Crocs-Noirs. J’aurais dû me douter que j’étais en territoire ennemi. Au plus profond de moi je regrettais d’avoir chassé ma part sombre, pour la première fois je venais à regretter son départ. Kateya m’avait beaucoup aidée et c’est une fois débarrassée d’elle que je me rendais compte à quel point j’en aurais eu besoin. Rejetant mes longs cheveux en arrière, se simple mouvement trahissait mon anxiété et ma peur qui me nouait les tripes.

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MessageSujet: Re: "Le fort commande, le faible obéit. Le fort tue, le faible meurt"P.B   Dim 12 Fév - 3:47


Le chef de meute avança d'un air menaçant vers la louve.
Elle semblait fragile et apeurée.. Mais elle était en territoire Croc Noir. Elle devait partir si elle ne voulait pas être exécuté publiquement dans le refuge.

Il leva son glaive et le mit contre le menton de la jeune lycane. Se mordant la lèvre, il apprécia la peur dans la regard de la pauvre fille. Elle ne bougeait pas, souhaitant partir au plus vite.




- Tu es en territoire Croc Noir... Tu sais ce que ça signifie ? De quelle meutes viens tu ?

Il jeta un oeil à Mordrakan derrière lui, il se demanda un instant si ce loup était prêt à le suivre quoi qu'il fasse. C'était peut être le meilleur moment pour connaitre les limites de son garde.
Le Chef leva le glaive et frappa dans la cuisse de la louve, tranchant la chaire.

- Sais tu ce qui est arrivé au dernier inconscient qui a foulé notre territoire ?

Il souleva la louve par les cheveux, son visage collé au siens. Il perça le regard de la lycane qui gémissait de douleur, sa cuisse blessée.

- Il a été brûlé non loin d'ici !!! hurla Sheiz.

De son autre main libre, il frappa le visage de la louve avec le manche de son glaive, lui ouvrant le visage. Il colla à nouveau le visage de la lycane contre le sien.

- Les loups de Thaodia n'ont toujours pas compris à qui ils ont à faire ... Ils continuent de marcher sur nos terres sans crainte..

Il lécha le sang coulant sur la joue de façon perverse et lui fait un sourire malsain.
Sheiz jeta la louve entre lui et Mordrakan, il frappa brutalement dans les cottes de la pauvre fille qui tentait de se relever. Elle gémissait, le visage et la jambe ensanglantées.

- Quel est ton nom chienne ?. que l'on t'enterre prés de l'autre vampire...

Le chef leva les yeux vers son garde en réfléchissant.

- Comment s'appelait il déjà ? Ce vampire ?

Il vit la lycane se relever, en titubant. Sheiz gifla la louve, qui tomba sous le coup, à genoux face aux gardes du corps du chef.

Shayne... Shayne ... Shayne Nomokis .. Nokomis ! Voilà ! A toi Mordrakan .. Amuses toi un peu ..

Sheiz fit un sourire mauvais à son confrère, de quoi était il capable.. Le coeur de Mordrakan était il aussi froid et mauvais que celui de Sheiz ..?
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MessageSujet: Re: "Le fort commande, le faible obéit. Le fort tue, le faible meurt"P.B   Jeu 23 Fév - 0:31

Pendant tout l'interrogatoire, Mordrakan resta de marbre devant ce spectacle qui en aurait choqué plus qu'un. Son poids appuyé sur son outil de guerre nommé Corruption, il regardait son dénouement avec une touche d'humour noire en tête, son sourire carnassier démontrant ces dites émotions tordues et indignes d'êtres doués d'intelligence peuplant la terre d'Ephaëlya. Il ne connaissait pas ce Nokomis et n'en avait rien à faire, en toute franchise. Tout ce qui l'intéressait c'était l'ordre qui pourrait lui donner le droit de s'amuser un peu. Cela faisait si longtemps qu'il n,avait pas réduit un innocent à l'état de cendre et il espérait renouveler avec ces racines de son passé.

Tombant au sol, la jeune Nokomis leva les yeux vers lui, la terreur perlait son regard et faisait naître en lui un désir bestial qui arrivait durement à retenir. Il releva la tête vers son chef quand celui-ci lui dit:

- À toi Mordrakan, amuse-toi un peu.

- C'est comme si c'était fait, répondit-il en croisant le regard de la jeune femme.

Elle semblait maintenant pétrifiée de peur, sachant peut-être que sa mort arrivait à grand pas et c'est cette lame, sa lame, qu'elle verrait en dernier sur ce monde. Pas l'amour d'un proche, pas le respect des autres mais la violence, la crainte et la cruauté du vraie monde. Celui qui est impitoyable, qu'on ne peut échapper.

Mordrakan caressa la joue tremblante de la jeune fille, comme pour la rassurer. Il lui susurra même quelques mots doux... avant de la frapper sans pitié d'un revers de gantelet, l'envoyant valser à terre. Allant la chercher, il empoigna sa tignasse noire et l'amena à lui, jusqu'à ce qu'elle puisse sentir son haleine putride et ses dents pointues dans un rictus dérangeant. Mordrakan lui envoyant un coup de tête sans pitié qui la fit saigner et souffrir et il lui prit la gorge, l’étouffant maintenant avant qu'elle n'ait pu reprendre son esprit. Il la souleva de terre et la leva au-dessus de sa tête d'une seule main, la regardant s'étouffer, regardant l'agonie se produire.

- Si tu crois qu'il y a autre chose après cette pitoyable existence, tu te trompes. Ton âme ira tout droit dans le Néant pour l'éternité. Adieu.

Un craquement retentit et le corps devint sans vie. Il le lâcha sans plus de cérémonie en s'approchant de Sheiz, enjambant le cadavre.

- Quels sont les ordres, chef ?

Ainsi, Mordrakan se révéla être une machine de guerre surentraînée, prêt à tout pour voir accomplir sa destinée qu'il a depuis longtemps accepté.


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MessageSujet: Re: "Le fort commande, le faible obéit. Le fort tue, le faible meurt"P.B   Jeu 1 Mar - 15:13

Je sentis mon sang se glacer lorsqu’il s’avança vers moi mais tétanisée par la peur je ne pouvais plus bouger, je n’en avais plus la force ni le courage. Mon corps ne me répondais plus, ma respiration était automatique sans quoi j’aurais très certainement arrêtée inconsciemment d’oxygéner mon corps. La lame posée sur mon visage était glacée, dure et mortelle, mais ce n’était pas avec cela que j’allais souffrir pour le moment. Le plaisir qu’il avait dans ses yeux me donnait envie de vomir. Le ventre totalement noué, je ne savais même pas comment je faisais pour rester debout sur mes jambes. Des petits tremblements parvenaient parfois à agiter mon corps mais sans plus. Ses seuls mouvements trahissaient le fait que je n’étais pas une statue mais belle et bien une vivante.

« Je viens… je venais de … »

La peur m’empêchait de parler, les mots refusaient de se frayer un chemin, pourquoi ? Je n’avais pas la réponse, quand tout cela allait changer ? Certainement pas dans les secondes qui allaient arriver car le seul son qui franchit à nouveau mes lèvres fut un cri tandis que mes jambes qui me supportait me lâchèrent sans scrupule. La chair à vif, du sang s’écoulait de ma plaie naissante. Des larmes de douleur m’échappèrent, bien que je tente vainement de les retenir. Une force impressionnante pour mon faible gabarit me força à me relever, poussant des gémissements de douleur, j’avais l’impression qu’il allait finir par m’arracher les cheveux, mes mains se dirigèrent vers les siennes dans le vain espoir qu’il me lâche. Je tentais désespérément de conserver un minimum de contenance mais rien à y faire. J’avais peur, cet homme me faisait peur, il me rappelait mon beau père, il me rappelait ce qu’il m’avait fait subir, il me rappelait sa haine à mon égard.

Un nouveau coup m’arracha un cri étouffé cette fois ci. Je ne pouvais plus rien dire, je ne pouvais plus rien faire. J’étais une poupée de chiffon entre ses griffes, à la merci de toute la violence dont il voulait faire part envers moi. J’avais mal, je souffrais, nos visages si proches l’un de l’autre me rendaient folle de dégout, je voulais que tout cela cesse, que tout se termine. Du sang coulait sur ma joue, descendant le long de mon visage comme un serpent. J’avais les yeux entre ouvert sous la souffrance. Ces derniers se sont agrandis lorsque j’ai senti quelque chose d’humide mais surtout de chaud tracer le chemin inverse. Mon regard croisa le sien et alors je sus. Je connaissais l’issu de cet affrontement depuis le début, je savais depuis le moment où ils m’avaient réveillés comment les choses allaient se terminer. Je savais tout de cette rencontre même si je ne voulais pas m’y résigner.

Jetée au sol comme une vulgaire loque je fus accueilli par un violent coup dans mes cotes accompagné d’un craquement et d’un cri déchirant. Voilà comment serait suivie mes moindres efforts pour me tenir droite. Je devais rester à ma place, au sol, comme les moins que rien puisque c’était ce que j’étais, une vermine qui ne méritait de vivre. Ma jambe était en feu, mon visage me brulait et me semblait insupportablement sale et même en mon sein je sentais un feu se nourrire lentement de mon désespoir et de ma perte. Il voulait mon nom mais je ne dirais rien, il voulait savoir qui j’étais mais je ne lui ferais pas ce plaisir. A quoi bon connaitre le nom de sa victime si ce n’était pour m’abaisser davantage ? Tentant de me relever une nouvelle fois, mue par un instinct presque suicidaire je me suis relevée doucement, espérant presque que le fait qu’il parle avec l’autre homme le détourne de moi et me permette de fuir, je n’avais qu’à me transformer et partir, loin, vite, retrouver…. Retrouver qui ? Je n’avais personne sur qui compter, j’étais seule, j’étais sans avenir et j’avais renié les seuls qui avaient voulus de moi. Une violente gifle me remit à terre, me rattrapant de justesse avec mes mains, le choc m’arracha de nouvelles larmes et de nouveau gémissements. Mes côtes mes faisaient souffrir horriblement, portant une main tremblante à mon sternum j’ai senti une irrégularité avant de relever vivement la tête à l’entente du nom du vampire.

« Mon… frère… »

Je ne pouvais pas y croire, il était donc mort finalement ? Tué par ces mêmes personnes, sur ces mêmes terres ? A présent je changeais de bourreau, ce n’était plus cet homme sans pitié et d’une froideur sans égale qui allait ma martyriser mais bien l’autre. S’approchant de moi je me suis crispé, causant de plus grande douleur dans mon organisme. Frémissant lorsque sa main vint se porter à mon visage je fus surprise par sa douceur, surprise par le ton qu’il employa avant de me rendre finalement compte que tout ceci n’était fait que pour me faire baisser ma garde. La cruauté dont il fit preuve par la suite me laissa presque inconsciente. A nouveau prise par la chevelure je fus expédié relevée à nouveau contre mon gré. Je n’avais plus la force de tenir. Un énième coup, je tenais plus que par sa force. Il paraît que quand on va mourir, notre vie défile devant nous, c’est faux. Il parait que lorsque l’on s’apprête à en finir avec la vie, on ressent une quiétude sans égale, que l’on voit un tunnel blanc, c’est faux. Je sentais son halène insoutenable, je voyais ses crocs, j’entendais sa voix. Le dernier son que j’entendrais à jamais.

Une pression se fit sur ma gorge, l’air commençait à me manquer, je ne pouvais plus respirer. Je n’avais même pas la force de me débattre, je n’avais pas la force de griffer, j’étais incapable de me conduire en lycan. J’étais résignée, je ne voulais plus me battre. Mon frère était mort, mon amour était mort, mes amis m’avaient tournés le dos par ma faute, et même mon alter ego, même Kateya m’avait délaissée. Je ne pouvais me dire autre chose que ce « Je te l’avais dit. » Elle savait comment tout cela allait se terminer mais elle n’avait plus agit depuis que je l’avais laissée. Elle avait toujours été plus forte que moi et le serait toujours. Ouvrant avec peine les yeux, j’ai regardé ce lycan, malgré les taches noires qui apparaissaient devant mes yeux et qui m’empêchaient de voit correctement. Je voulais le remercier. C’était sot et surprenant mais je voulais les remercier tout deux d’avoir pu faire ce que je n’avais jamais réussi à faire. Je voulais les remercier de m’avoir délivré de cette vie mais avant même que je ne puisse parler, ma volonté me lâcha. L’air qui ne parvenait plus à mes poumons ne me fut pas fatal mais le craquement de mon corps si. Mon corps brisé toucha le sol, ce sol que j’avais trouvé si accueillant, ce sol qui m’avait paru si beau et même radieux. Ce sol qui semblait si pur et qui accueillait le corps sans vie d’une louve ratée, d’une adolescente sans avenir.

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